Actions suisses : repenser la diversification au sein d’un marché concentré
Grâce à une stabilité politique, à une administration stable des entreprises et à de nombreuses innovations, les actions suisses sont généralement considérées comme étant des investissements intéressants. Les investisseurs institutionnels, en particulier, privilégient les sociétés suisses, qui ont été historiquement des sources de rendements stables et qui, en période de tensions, bénéficient de leur réputation de « valeur refuge ». Cette idée repose sur le caractère défensif du marché ainsi que sur la tendance du franc suisse à prendre de la valeur.
Cependant, sous cette apparente stabilité se cache un problème structurel souvent sous-estimé : le risque de concentration. Les indices couramment utilisés à titre de références pour le marché des actions suisse – le Swiss Market Index (SMI) et le Swiss Performance Index (SPI) – sont pondérés par la capitalisation boursière, ce qui engendre des risques importants de concentration, tant au niveau des titres eux-mêmes que des secteurs. À l’heure où l’investissement passif et la réplication des indices gagnent en popularité, ce risque s’est accentué et peut constituer un enjeu majeur pour les portefeuilles sur le long terme.
Les risques sont-ils réellement cachés ?
Les risques ne sont pas réellement dissimulés : ils résultent directement d’une forte concentration. À l’instar de nombreux grands indices, le SPI – largement considéré comme étant l’indice de référence des actions suisses – est pondéré par la capitalisation boursière. Cet aspect conduit à de forts déséquilibres : actuellement, trois sociétés seulement – Nestlé, Roche et Novartis – représentent environ un tiers de l’ensemble du SPI. Cette concentration n’est pas nouvelle, mais son impact devient de plus en plus important. Pour les investisseurs institutionnels, tels que les caisses de pension qui utilisent fréquemment le SPI à titre de valeur de référence (benchmark), les performances du portefeuille dépendent de manière disproportionnée de l’évolution d’un nombre très limité d’entreprises et de secteurs.
Un revirement inattendu de la réglementation ou une perturbation du secteur de l’approvisionnement affectant l’un de ces acteurs dominants pourrait se répercuter sur l’ensemble de l’indice, entraînant des pertes qu’une diversification plus importante aurait permis d’atténuer. En d’autres termes, ce qui semble être une allocation diversifiée en actions suisses constitue en réalité un pari orienté sur quelques grandes sociétés.
La diversification : un principe fondamental
La pondération par la capitalisation boursière des principaux indices suisses néglige l’un des principes fondamentaux de l’investissement : la diversification. L’essor des stratégies passives aggrave ce problème, dans la mesure où celles-ci répliquent mécaniquement les pondérations des indices, intégrant ainsi le risque de concentration aux portefeuilles. Pour les investisseurs sur le long terme, cette situation crée un paradoxe : les investissements prévus pour garantir la stabilité peuvent, en réalité, receler des risques systémiques et une certaine fragilité. Par ailleurs, les marchés ne sont pas statiques. Les évolutions structurelles – qu’il s’agisse de ruptures technologiques, de tensions géopolitiques ou de dynamiques démographiques – peuvent modifier les équilibres sectoriels sans que les anciennes données ne permettent pas la moindre anticipation. Au sein d’un tel contexte, fonder la pondération des portefeuilles exclusivement sur la capitalisation boursière apparaît de plus en plus discutable.
L’exposition aux actions suisses mérite donc d’être réanalysée. Plutôt que d’accepter la concentration comme étant une fatalité, les investisseurs peuvent recourir à d’autres pondérations privilégiant la diversification des risques plutôt que la domination des grandes entreprises, et donc la dépendance à ces dernières. En limitant l’exposition des titres et en élargissant la couverture sectorielle, ces stratégies visent à rétablir l’essence même de la diversification : la résilience face à l’imprévu. Un portefeuille qui permet de faire plafonner la perte potentielle liée à une seule entreprise est, par nature, plus à même de résister aux difficultés et de limiter les pertes générales.
Une autre approche : la diversification réfléchie
Les indices traditionnels tels que le SMI et le SPI, dominés par quelques très grandes entreprises, exposent les investisseurs à des risques importants de concentration. Afin de mieux réagir face à ces enjeux, AllianzGI suit une nouvelle méthodologie éprouvée, établie au sein du Swiss Equity COVA Index (SACI®). Inventée scientifiquement en 2008 et utilisée dans des mandats institutionnels depuis 2009, la méthodologie SACI® vise à renforcer la diversification des risques liés aux titres et aux secteurs. Elle s’écarte volontairement de la pondération par la capitalisation boursière au profit d’une approche plus équilibrée et structurée par paliers.
Se reposant sur cette méthodologie, AllianzGI s’occupe depuis le 10 décembre 2025 du fonds Allianz Diversified Swiss Equity. Ce fonds se compose d’un portefeuille fortement diversifié constitué d’environ 75 sociétés suisses, sélectionnées de manière systématique au sein de l’univers du SPI. Il s’agit d’une approche semi-active, combinant la rigueur d’un cadre fondé sur des règles à la flexibilité d’une mise en œuvre active. Il est ainsi possible de tenir compte des particularités du marché, notamment des ruptures de tendance, des introductions en bourse, des distributions de dividendes, des scissions (spin-off) et des contraintes de liquidité, ainsi que de s’occuper efficacement des manques de rendement, notamment ceux liés aux petites entreprises ou aux effets de fin d’année.
Fort d’un historique de performances éprouvé, SACI® vise à limiter le potentiel de perte associé à chaque titre particulier et à garantir la résilience du portefeuille face aux situations imprévues. En combinant « Diversification systématique » et « Ajustements tactiques », ce type d’approche vise à une participation stable à long terme au marché des actions suisse et, grâce à une plus grande diversification, à minimiser durablement la perte de la valeur des titres, protégeant ainsi davantage les investisseurs contre les problèmes imprévisibles liés à des pondérations indicielles excessives.